L’inde amorce sa reprise economique

Stephane Henry

06 Decembre 2019

    
WRITTEN ARTICLE AVAILABLE IN FRENCH AND ENGLISH

Q1: Doit-on investir dans les pays émergents et en Inde aujourd’hui ?

Sans aucun doute. Je crois que le moment est venu d’investir à nouveau dans les émergents à cause de la faiblesse du dollar américain. Cette faiblesse est due à l’impression de billets verts sous la pression de la FED qui suite aux instructions des hommes politiques américains souhaite relancer l’économie ou la soutenir et donc ça fait baisser la valeur du dollar américain. Du coup la conséquence est qu’on est à nouveau dans une situation de “Risk-On” c’est à dire que les investisseurs réinvestissent vers les pays émergeants et donc c’est le secteur des BRICS soit le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud qui bénéficient de cette nouvelle tendance qui a commencé il y a environ deux mois.

A l’intérieur des BRICS, Il y a donc plusieurs pays et ils sont tous différents. D’abord le Brésil qui est très dépendant des matières premières agricoles et donc en ce moment c’est pas le meilleur moment d’investir au Brésil. Deuxièmement la Russie; La Russie fait peur traditionnellement aux investisseurs américains. La Chine, depuis 6 mois, avec les relations commerciales difficiles entre les états-Unis et la Chine n’est pas le pays préféré des investisseurs. Et enfin l’Afrique du Sud a un problème économique majeur. Donc, l’Inde est sans aucun doute le “bright spot” à l’intérieur du secteur des émergents.

Q2 : Comment résumer la situation macro-économique de l’Inde ?

Je crois qu’il y a trois éléments principaux à prendre en compte. D’abord la croissance. Cette croissance est en baisse depuis 2015 – 2016, où on avait atteint plus de 8%. Aujourd’hui la croissance tourne autour de 6%. Par contre, il est important de souligner que cette croissance est supérieure à la croissance de la Chine depuis 2015. Donc l’Inde performe mieux que la Chine depuis cette période là. Au niveau de l’inflation; l’inflation est en baisse depuis un certain nombre d’années depuis 4 – 5 ans avec une inflation qui était de plus de 10% en 2012, et aujourd’hui on est à 3 – 4%; 2,5% en 2018, presque 4% attendu pour 2019, malgré une inflation alimentaire assez forte. Mais l’énergie heureusement permet de maintenir un taux d’inflation assez bas.

Le problème de l’Inde ces derniers mois, ces deux dernières années meme, a été un “credit crunch” créé par une situation chaotique au niveau des banques, des petites banques para-étatiques et des “non-bank finance companies” qui cherchent de l’argent sur le marché obligataire et qui re-prêtent, malheureusement beaucoup de ces prêts ont été mal allouées. Il y a eu donc un “credit crunch” qui a réduit la consummation, réduit l’investissement et donc la baisse de la croissance est expliqué de cette façon là.

Par contre, je suis convaincu que Narendra Modi, qui vient d’être réélu il y a environ six mois, va prendre les mesures nécessaires pour améliorer, assainir le secteur bancaire et donc faire repartir la croissance dont l’inde a vraiment besoin.

Q3: Quels sont les principaux secteurs qui peuvent bénéficier d’un cycle favorable ?

D’un point de vue cyclique, le premier secteur qui devrait profiter de la reprise économique c’est le secteur automobile. Dans le secteur automobile il y a plusieurs sous secteurs; les utilitaires, les deux roues, mais des compagnies comme Maruti Suzuki, Bajaj Auto, Ashok Leyland devraient profiter de la croissance du chiffre d’affaires dans les mois et les années à venir. Deuxièmement le secteur bancaire est le secteur le plus résistant au niveau des grandes banques privées, comme HDFC Bank, ICICI, Kotak, Axis qui ont surperformé les indices NIFTY ou Bombay Stock Exchange ces dernières années. Par contre les PSU Banks, les banques plus petites para-étatiques ont sous-performé l’indice à cause du “credit crunch.”
Et le dernier secteur qui est important à mon avis c’est le secteur IT technologique.

Des grandes entreprises, très grandes entreprises meme, comme Tata Consultancy Services, Infosys ou Wipro ont des clients internationaux font moins de 10% de leur chiffre d’affaires en Inde et donc évidemment les investissements dans la cybersécurité, dans le big data, l’intelligence artificielle, le cloud vont leur être très favorable et donc je pense que ce secteur devrait avoir une progression de profits également très significative dans les trimestres à venir.

Q1: Should we invest in emerging markets and India today?

Undoubtedly yes. I think emerging markets are back in favour because of the weakness of the US dollar. This weakness is due to the active printing of US dollars by the FED, which is pressurized by the White House to prevent the US economy from slowing down and that is leading to the US dollar weakness. As a result, we are again in a “risk on” mode, meaning investors are keener to invest into emerging markets. The BRICS countries are benefiting from that new trend, which started about two months ago.

Within the BRICS group, there are five countries, all different from each other. First all Brazil, which is highly dependent on soft commodities so it is not the right time to invest in Brazil. Secondly Russia, which has never been trusted by US investors. For the last six months, China has experienced tense trade negotiations with the US and China is currently not the favourite investment destination for US investors. Finally, South Africa has a major economic problem. As a result, India is definitely the bright spot within the emerging markets segment.

Q2 : How to summarise the economic situation in India ?

I think three key elements should be taken into account. First of all economic growth. Growth has been declining since 2015 – 2016, when the growth rate had exceeded 8%. Today, growth rate hovers around 6%. However, it is important to underline that India’s growth rate has been exceeding China’s since 2015. Since then, India has been performing better than China. As far as inflation is concerned, it has been declining for the last four to five years: the inflation rate was in excess of 10% in 2012 and is today at 3% – 4% (2.5% in 2018, close to 4% expected for 2019). Food inflation is currently quite high, while energy prices remain subdued. The main issue for India over the recent months, even over the last two years, has been the credit crunch created by a chaotic situation in the financial system, related to the small parastatal banks and the Non-Bank Finance Companies. The latter are financed through the debt market and provide loans, mainly to the property sector. Unfortunately, a high proportion of loans have been misallocated, resulting in a credit crunch. Consumption and investment have suffered as a result, explaining the decline in the growth rate. However, am convinced that Narendra Modi, who was re-elected PM six months ago, will take the necessary measures to clean up the banking sector and revitalise the sector, which is badly needed by India.

Q3 : What are the key sectors, which can benefit from this cyclical rebound?

From a cyclical point of view, the first sector to benefit should be Autos. There are several sub-sectors within Autos: commercial vehicles, passenger cars and two-wheelers. Companies like Maruti Suzuki, Bajaj Autos and Ashok Leyland should benefit from higher sales in the months and years to come. Secondly, the banking sector has been the most resilient sector at the level of the large private banks, such as HDFC Bank, ICICI, Kotak or Axis, which have out-performed the Nifty and BSE indices over the last few years. Conversely, the Public Sector banks i.e. the smaller parastatal banks have under-performed the index, as they were linked to the credit crunch. Finally, I think the other important sector is Information Technology. A few large companies, very large ones in certain cases, like Tata Consultancy Services, Infosys or Wipro have lots of international clients and less than 10% of their turnover related to India. Investments in cybersecurity, big data, AI and cloud services will be extremely favourable to them. I think this sector should significantly grow in the years to come.